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Le défibrillateur cardiaque (Bimsa 82)

Entre la vie et la mort, un appareil au maniement facile peut faire la différence. C'est le cas du défibrillateur lorsque survient un malaise cardiaque. Pour sauver plus de vies, la MSA en promeut l'utilisation. Exemple dans les Hautes-Pyrénées.


© - - Crédit : Tatiana Mellier
Même si la mortalité par infarctus a baissé en France ces dernières années, elle reste encore dans le palmarès de tête des causes de décès. Or, c’est dans les toutes premières minutes d’une attaque cardiaque que se joue le destin d’une victime. Parfois, le temps que les secours arrivent, il est déjà trop tard.

C’est sans compter avec la petite valise qui monte, à savoir un défibrillateur automatisé externe, dont le maniement est aussi simple qu’efficace pour sauver des vies. Léger, équipé d’électrodes, il effectue un diagnostic et guide par une voix enregistrée les gestes de l’utilisateur. Il est également autonome, sa batterie pouvant rester en veille pendant quatre ans avant d’être changée. Les pouvoirs publics en ont étendu en mai 2007 l’utilisation au grand public, alors que ce genre d’appareil était auparavant réservé aux médecins, sapeurs-pompiers et professionnels paramédicaux.

 

Simple et efficace

À la MSA des Hautes-Pyrénées, il n’en a pas fallu plus pour que le conseil d’administration décide de promouvoir le plus largement possible l’utilisation de cet outil. « Nous nous devions de le vulgariser, affirme le président de la Fédération MSA Midi-Pyrénées Sud, Bernard Pladepousaux, et donc d’accompagner par une formation spécifique les personnes susceptibles de s’en servir. » « Il est vrai également que nous voulions montrer aux salariés de l’agriculture travaillant dans le tertiaire que nous faisions quelque chose pour eux, alors qu’en milieu agricole la prévention porte principalement sur les personnes exerçant des métiers à risque, tels que les bûcherons par exemple », ajoute Bruno Nogaro, président du comité de protection sociale des salariés agricoles.

Cette décision s’inscrit par ailleurs dans une démarche d’entreprise où l’intérêt pour la prévention imprègne fortement les mentalités. « Plus de 50 % de notre personnel a reçu une formation au secourisme, révèle ainsi le directeur général adjoint de la MSA, Dominique Fournier, et nous sommes une des premières entreprises à avoir mis en place un protocole pour la prévention des agressions sur le lieu de travail. Nous mettons également à disposition du personnel des vaccins antigrippe, des patchs anti-tabac… » Initiateur du projet, il rappelle : « J’ai fait une crise cardiaque dans mon bureau en 2002 et j’ai été immédiatement pris en charge par les médecins de la MSA, qui m’ont accompagné à la clinique. Grâce à leur diagnostic et à leur réaction rapide, j’en suis sorti indemne. Mais tout le monde n’a pas cette chance. Aussi, quand on a parlé du défibrillateur automatisé il y a deux ans, je m’y suis aussitôt intéressé. »

 

En cas d’urgence

C’est Jean-François Lassalle, moniteur secouriste et conseiller en prévention à la MSA de Tarbes, qui prend en charge ce nouveau projet. En parallèle, le conseil d’administration décide l’acquisition de quelques unités, qui sont offertes aux toutes premières entreprises ayant accepté de former des membres de leur personnel à l’utilisation du défibrillateur. Outre la MSA elle-même, il s’agit du Crédit agricole et de la Maison de l’agriculture, ces trois organismes étant les plus importants en nombre de salariés du département relevant de la MSA. « Non seulement ils ont des effectifs conséquents, précise Bernard Pladepousaux, mais des milliers de personnes y effectuent un passage chaque année. » En cas d’urgence, ces visiteurs aussi peuvent bénéficier des services d’un défibrillateur.

La remise d’un appareil est organisée auprès de ces entreprises pionnières. Elle a l’honneur de la télévision régionale, car cet évènement coïncide avec un fait divers d’actualité : à peu près à la même période, un joueur de football terrassé par une attaque cardiaque en plein stade a pu être sauvé grâce à la présence d’un défibrillateur sur les lieux.

Jean-François Lassalle entame pour sa part une série de formations pour des salariés des entreprises concernées. L’accueil est enthousiaste. Sonja Lavaud travaille au Crédit agricole, où elle est membre du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Elle explique : « Nous avons prévu de former un sauveteur secouriste du travail par niveau dans l’immeuble que nous occupons. Le défibrillateur est détenu à l’accueil. Il est aussi peu encombrant qu’une trousse à pharmacie. Le fait qu’il opère un diagnostic est très rassurant car il n’y a pas de crainte de se tromper. Et comme il est semi-automatique, l’utilisateur conserve l’initiative du déclenchement de l’impulsion électrique. » Outre l’aspect de prévention, Sonja Lavaud met en avant l’impact positif de cette initiative auprès des salariés et des clients du Crédit agricole : « Nous avons de bons retours, constate-t-elle, et ce partenariat avec la MSA renforce nos contacts avec elle ».

 

De bons retours partout

Pour sa part, Sébastien Calmels est conseiller environnement à la Maison de l’agriculture de Tarbes. Lui aussi salue la facilité d’utilisation du défibrillateur et son côté rassurant, même si son employeur n’a pas eu à déplorer d’accident cardiaque dans les murs de l’entreprise jusqu’à présent. « Vu la simplicité de l’outil, si on peut sauver des vies grâce à lui, ce n’est pas un luxe d’en avoir un, estime-t-il. Et la MSA est bien dans son rôle de prévention des risques en assurant cette formation ».

Céline Vecchiutti, représentante du CHSCT de la MSA des Hautes-Pyrénées, en est évidemment persuadée et souhaite que cette machine soit connue aussi largement que possible. « Il faut lui faire de la pub, dit-elle, car c’est quelque chose qui servira à coup sûr. Heureusement qu’elle existe ».

 

Sensibiliser les communes rurales

La MSA a déjà entendu les souhaits de Céline Vecchiutti, puisque le déploiement de ce nouvel outil est en cours de réflexion sur les autres départements que compte la Fédération MSA Midi-Pyrénées Sud. Bernard Pladepousaux montre que la démarche de sensibilisation s’étend en direction des communes rurales : « Nous sensibilisons les maires de ces communes, précise-t-il, et nous avons déjà achevé de faire le tour des échelons locaux des Hautes-Pyrénées. À chaque fois, nous avons présenté une démonstration en présence de délégués cantonaux, de maires, de représentants d’autres organismes. Les participants sont très intéressés et beaucoup de collectivités ont l’intention de s’équiper. » Du travail en perspective pour Jean-François Lassalle, qui assure l’intégralité des formations. Il y mettra du cœur à l’ouvrage… sans risque pour le sien.

 

Thomas Bousquet

 

  

La MSA, plan d’attaque

Si la MSA des Hautes-Pyrénées s’est montrée précurseur dans le déploiement des défibrillateurs automatisés ou semi-automatisés externes (DSAE et DAE), elle n’est pas pour autant isolée. « Le 8 février dernier, nous avons officialisé la généralisation de ces outils dans le réseau MSA au cours d’une journée consacrée à l’évolution du programme SST (sauveteurs secouristes du travail). Cette année, toutes les MSA vont être incitées à en faire l’acquisition », indique Carmen Millanes, chargée d’études à la CCMSA, responsable de l’animation du réseau en matière de secourisme du travail. Pour cette spécialiste, l’utilisation de ces appareils d’un nouveau genre n’exclut pas celle de compétences humaines précises. « Mieux vaut qu’ils soient entre les mains de personnes qualifiées, aptes à effectuer un massage cardiaque et des insufflations, car la voix enregistrée que contient l’appareil exige, avant de déclencher un choc électrique, de procéder à ce type d’intervention », recommande-t-elle.

 

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Information sur la publication

(Source : CCMSA - Communication Bimsa)

Mis à jour le : 26-05-2008publié le : 01-04-1

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